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Stéréotypies : des facteurs de risques à l’expression des stéréotypies : quels sont les mécanismes en jeu?

Article 3/5

Deux types de mécanismes qui peuvent s’associer sont proposés par les scientifiques : des mécanismes liés aux émotions et des mécanismes liés à des régulations physiologiques.

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® Alain Laurioux Ifce

Emotions et stéréotypies

Les stéréotypies se développent dans les contextes suivants:

(I) un animal ne peut pas exprimer un comportement pour lequel il est très motivé, comme l’alimentation, (II) il ne peut pas éviter ou échapper à des conditions stressantes ou effrayantes, (III) il est détenu en confinement ou isolement social et il n’a pas la possibilité de se déplacer et d’avoir des contacts sociaux (1).

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Logement en box : seul ou en groupe?

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© Alain Laurioux ifce

Réponses physiologiques et comportementales à court terme

Le système majoritaire de logement des chevaux domestiques est le box individuel. Or ce type de logement limite les interactions sociales et pourrait induire du stress.

Kelly Yarnell (université de Nottingham Trent, Grande-Bretagne) a comparé les réponses physiologiques et comportementales de 4 groupes de 4 chevaux logés successivement dans 4 types de logement différents pendant 5 jours à chaque fois. Les logements possibles étaient :

  • « logement seul sans contact physique »,
  • « logement seul avec des contacts visuels, auditifs et tactiles possibles à travers des barreaux »,
  • « logement par paire avec contacts libres » et,
  • « logement en groupe avec contacts libres ».

Le stress des chevaux a été mesuré par le taux de cortisol fécal, la température de l’œil (dont l’élévation signerait une activation du système orthosympathique, en relation avec un stress) et la facilité d’examen.
Résultats : les chevaux « seul sans contact physique » ont eu un niveau de cortisol fécal plus élevé et ont été plus difficiles à examiner que quand ils étaient dans les autres conditions de logement. Les chevaux, « en groupe avec contacts libres », ont montré une température de l’œil mesurée par infrarouge plus basse et une répartition de leurs activités dans la journée complètement modifiée par rapport aux autres conditions.
Conclusion : Le logement avec des contacts sociaux pourrait être une façon d’améliorer le bien-être des chevaux.

Remarque du blog sur cet article : Cet article présente les résultats d’une étude scientifique sur un nombre limité de chevaux. Ses conclusions sont à relativiser par rapport à celles des autres études sur le même sujet.
Dans cette étude, dans les 4 types de logements comparés, il n’a pas été offert la même surface par cheval, puisqu’on passe de 11 m2/cheval pour les logements seuls à 45 m2/cheval pour le logement en paire, et à une surface non spécifiée /cheval pour le logement en groupe. La conclusion de l’article vaut donc pour les 4 types de logement proposées : possibilités de relations sociales associées à une surface plus ou moins grande. A noter également que les résultats de cette étude vont dans le même sens que ceux d’une étude précédente (Sondegaard et Ladewig 2004) qui avait montré que des jeunes chevaux, détenus en box, seuls, ou par groupe de 3, étaient plus rapides à débourrer et étaient moins agressifs envers l’homme, lorsqu’ils étaient en groupe. 

Références : Yarnell K, Hall C, Royle C, Walker SL 2015. Domesticated horses differ in their behavioural and physiological responses to isolated and group housing. Physiol Behav. May 1;143:51-7. doi: 10.1016/j.physbeh.2015.02.040. Epub 2015 Feb 25.

Sondegaard E et Ladewig J 2004. Group housing exerts a positive effect on the behaviour of young horses during training. Applied Animal Behaviour Science 87  105–118.