Le Bien-Etre : thème principal de la Journée de la Recherche Equine 2016

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Comme chaque année, les spécialistes de la recherche équine sont venus présenter leurs travaux à la Journée de la Recherche Equine (Paris, mars 2016). D’intéressants résultats utilisables par les socioprofessionnels : étalonniers, éleveurs et utilisateurs ont été transférés, notamment sur la notion de bien-être, les signes de bien-être, les techniques de sevrage, mais aussi dans d’autres domaines.

Retrouvez le résumé des interventions orales en suivant le lien ci-dessous.

http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/articles-equidee/document/telechargement/des-resultats-pratiques-presentes-lors-des-journees-de-la-recherche-equine-2016.html
Référence : revue Equ’idés de l’IFCE, mars 2016, article 3

 

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À la Une

Réseau social : être central rend la vie plus facile

DSC00374D. Rubenstein (USA, université de Princeton) analyse les populations de chevaux, d’ânes, d’onagres et de zèbres depuis de nombreuses années. Les réseaux sociaux peuvent être assez différents entre ces espèces.

L’analyse du réseau social d’un groupe donne des indications sur les individus connectés entre eux et l’intensité de cette relation, le nombre de connections pour un individu, les individus centraux c’est-à-dire ceux qui sont les plus connectés aux autres, ….

Il est encore plus intéressant d’examiner la dynamique de ces relations et d’examiner pourquoi et quel est le coût du changement de groupe pour un cheval donné. Il a rapporté une expérimentation chez 9 chevaux domestiques où les chevaux ont été enlevés un par un, puis les chevaux ont été remis dans le même groupe. La 1e année, l’ordre de retrait se faisait suivant leur rang hiérarchique, et, la 2e année, suivant leur rang hiérarchique et leur centralité . Il y a eu 53 diminutions de rang au retour du cheval, contre seulement 6 remontées de rang. Ce sont les chevaux de rang similaire (bas, moyen , haut) qui ont été les plus agressifs envers le cheval réintroduit. Les chevaux centraux sont les moins agressés.

Donc être central rend la vie plus facile dans une communauté fluide.

Source : International Equine Science Meeting, Mai 2015, Nurtingen, Allemagne,  http://references.equine-behaviour.de/files/IESM_2015_proceedings.pdf

Quels sont les comportements qui permettent de mesurer les liens sociaux?

La proximité entre les chevaux n'est pas le meilleur critère pour mesurer les liens sociaux Photo Christine Briant Ifce
La proximité entre les chevaux n’est pas le meilleur critère pour mesurer les liens sociaux
Photo Christine Briant Ifce

C’est le thème de la présentation effectuée par Riccarda Wolter (Allemagne, universités de Regensburg et de Nurtingen) au congrès 2015 de la Société Internationale de la Science Equine (IESM).

Alors que le grooming ou toilettage mutuel est utilisé pour mesurer les liens sociaux dans de nombreuses espèces, ce comportement est assez rare chez le cheval, et les chercheurs utilisent à la place la proximité ou plus proche voisin. Mais, alors que le grooming est une initiative de 2 partenaires, la proximité entre 2 chevaux peut n’être déterminée que par un des 2.

Ricarda Wolter a ainsi comparé 3 comportements dans 11 populations de chevaux de Przewalski et de chevaux féraux: le grooming, la proximité et l’approche amicale (= approche sans réaction agressive, ni départ d’un des deux chevaux, qui est un critère simple sans ambiguité).

Résultats:

La corrélation a été faible entre les fréquences de grooming et de proximité, mais le grooming n’est pas un comportement très fréquent et il existe des individus plus ou moins initiateurs de grooming.

Par contre, la corrélation a été plus élevée entre les fréquences de grooming et d’approche amicale.

L’auteur propose donc de mesurer ces 2 derniers comportements quand on recherche à mesurer un lien social.

Source : International Equine Science Meeting, Mai 2015, Nurtingen, Allemagne

http://references.equine-behaviour.de/files/IESM_2015_proceedings.pdf

Recherche d’indicateurs de bien-être et de mal-être, fiables et faciles à mesurer

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Copyright Alain Laurioux

Photo : Chez le cheval adulte, le jeu ne serait pas un critère de bien-être

Lors du dernier meeting international de la science équine, Miriam Baumgartner (Allemagne, université technique de Munich) a présenté un gros projet, réalisé en partenariat avec des scientifiques et des socio-professionnels , applicable à toute la filière équine pour évaluer le bien-être suivant 2 grands axes : la santé et les besoins comportementaux. Le projet a aussi un volet développement durable.

Pour apprécier la satisfaction des besoins comportementaux, elle a testé différents indicateurs qui devaient être facilement réalisables, répétables entre observateurs et suffisamment fréquents pour être observés dans un temps de 20 min d’observation.

Il s’agissait soit de signes de bien-être :
* le fait d’être ensemble (pour manger, dormir, marcher ) pour des chevaux gérés en groupe indique qu’il existe des liens sociaux , à différencier de rapprochements non volontaires ou dus aux conditions climatiques : fréquence suffisante 0,57 / 20 min et très bonne répétabilité.
* le comportement de jeu : fréquence insuffisante : 0,11 / 20 min, et interprétation controversée chez l’adulte, ne peut pas être retenu comme bon critère.

Soit de signes de mal-être :
* comportements anormaux : apparition de bâillements, de comportements anormaux dans certaines situations de détresse, de frustration ou de conflits : fréquence suffisante : 3,3 / 20 min, bonne faisabilité, validité moyenne, bonne répétabilité.
*réactions agressives nettes : fréquence suffisante 2,6 / 20 min, mesure faisable, assez bonne répétabilité.

Miriam Baumgartner a précisé que des recherches complémentaires devraient affiner et/ou valider  ces critères.

Source : International Equine Science Meeting, Mai 2015, Nurtingen, Allemagne

http://references.equine-behaviour.de/files/IESM_2015_proceedings.pdf