À la Une

Mâchouillements et léchages : soumission ou stress?

Lors du dernier congrès de l’ISES (International Society for Equitation Science), qui a eu lieu à Rome en septembre dernier, Margrete Lie, chercheur à l’Université norvégienne des sciences de la vie, a présenté ses derniers travaux réalisés en collaboration avec Ruth Newberry.

Les comportements de mâchouillement et de léchage, observés sur les chevaux à l’entraînement, sont souvent interprétés comme un signe de soumission ou comme une indication que le cheval apprend.  Or, les résultats de l’étude suggèrent que ce comportement, qui est aussi observé dans les conditions naturelles, se manifesterait après une situation stressante.

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Copyright Pixabay

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Le Bien-Etre : thème principal de la Journée de la Recherche Equine 2016

Logo JRE2016

Comme chaque année, les spécialistes de la recherche équine sont venus présenter leurs travaux à la Journée de la Recherche Equine (Paris, mars 2016). D’intéressants résultats utilisables par les socioprofessionnels : étalonniers, éleveurs et utilisateurs ont été transférés, notamment sur la notion de bien-être, les signes de bien-être, les techniques de sevrage, mais aussi dans d’autres domaines.

Retrouvez le résumé des interventions orales en suivant le lien ci-dessous.

http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/articles-equidee/document/telechargement/des-resultats-pratiques-presentes-lors-des-journees-de-la-recherche-equine-2016.html
Référence : revue Equ’idés de l’IFCE, mars 2016, article 3

 

Stéréotypies : des facteurs de risques à l’expression des stéréotypies : quels sont les mécanismes en jeu?

Article 3/5

Deux types de mécanismes qui peuvent s’associer sont proposés par les scientifiques : des mécanismes liés aux émotions et des mécanismes liés à des régulations physiologiques.

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® Alain Laurioux Ifce

Emotions et stéréotypies

Les stéréotypies se développent dans les contextes suivants:

(I) un animal ne peut pas exprimer un comportement pour lequel il est très motivé, comme l’alimentation, (II) il ne peut pas éviter ou échapper à des conditions stressantes ou effrayantes, (III) il est détenu en confinement ou isolement social et il n’a pas la possibilité de se déplacer et d’avoir des contacts sociaux (1).

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Un cheval de course sait-il s’il a gagné ou perdu?

American Pharoah  dans la Breeders’ Cup Classic 2015

Photo: Keeneland Photo

Cette question a été posée sur le site du magazine électronique The Horse, après la victoire d’American Pharoah dans la Breeders’ Cup Classic 2015. Le magazine rapporte dans cet article les propos de Sue Mc Donnell, scientifique comportementaliste mondialement connue et présidente fondatrice du programme sur le comportement équin, à l’école de médecine vétérinaire de l’université de Pensylvanie.
Sue Mc Donnell explique que dans le contexte naturel des relations sociales, il semble que les chevaux puissent faire la course. Cela fait partie des jeux entre poulains particulièrement les mâles. Chez les adultes, la course apparaît dans d’autres contextes : pour échapper à une menace ou lors de relations agonistiques entre mâles. Dans ce contexte social, les comportements des chevaux semblent indiquer que d’une certaine façon ils ont compris s’ils ont gagné ou perdu. Par exemple, un scénario bien connu est celui de l’étalon célibataire, qui conteste la hiérarchie de l’étalon du harem, pour accéder aux femelles. L’étalon essaie de le chasser. Si le célibataire est mis à l’écart, les deux étalons peuvent interagir dans une séquence de postures ritualisées, avec le perdant qui se retire dans une posture de soumission et le gagnant qui retourne vers son harem en se pavanant. Mais en dehors de ce contexte social, il n’est pas clair si le cheval peut faire la différence entre gagner ou perdre.
Sue Mc Donnell pense donc qu‘il est peu probable que le cheval comprenne s’il a gagné ou perdu une course, pour la simple raison que ce type de course n’est pas du tout naturel. Elle ajoute qu’elle ne pense pas que l’on sache à l’heure actuelle quelle est la motivation du cheval pendant la course. Pour le savoir, il pourrait être intéressant d’observer les postures des chevaux, gagnants ou perdants, pendant et juste après la course ; de même l’évolution des taux d’hormones sexuelles chez les mâles pourrait être un indice, car il est connu qu’ils sont dépendants du ressenti du gain ou de l’échec. Toutefois, il faudrait prendre en compte l’influence potentielle du comportement du jockey qui sait s’il a gagné ou perdu.
La scientifique conclut sur les risques ou les bénéfices qu’il peut y avoir à accorder trop ou trop peu de cognition aux animaux.

Pour accéder à l’article complet sur le site de « The horse »

 Source : Does a Racehorse Know if He Wins or Loses?

Emotions positives et négatives : Que nous disent les plis au-dessus de l’oeil ?

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Lors du dernier Congrès International de la Science Equine  (International Equine Science Meeting IESM), qui a eu lieu à Nurtingen en Allemagne en mai dernier, Sara Hintze (Suisse, université de Bern) a présenté une étude sur l’aspect des plis ou fronces qui sont plus ou moins visibles au dessus du coin interne de l’œil (dénommés wrinkles en anglais). Elle a examiné ces plis qui apparaissent  par contraction du muscle au-dessus de la paupière, dans 4 situations de courte durée sur les mêmes 16 chevaux. L’hypothèse testée était que les émotions positives diminueraient l’expression de ces plis, alors que les émotions négatives l’accentueraient. Lire la suite

Comment juger si le cheval est un « athlète heureux »?

Photo Dirk Caremans FEI

C’est la question posée par Nathalie Waran, chercheur à l’Université d’Edinbourg, lors du dernier congrès de l’International Society for Equitation Science (Société Internationale pour la Science de l’Equitation ISES), qui s’est tenu au Canada en août dernier.

Dans l’article 401.1 du règlement de la Fédération Equestre Internationale pour la discipline du dressage, il est précisé que le cheval doit être un « athlète heureux ». Mais que signifie réellement cette phrase ? Et est ce possible de reconnaître la joie et de la récompenser chez le cheval?
Cette approche est intéressante car cela suggère tout d’abord que les entraîneurs, les cavaliers et les juges reconnaissent que le cheval ressent des émotions, qui peuvent être précisément évaluées en observant le cheval au travail et en compétition. Mais que peut-on mesurer chez nos chevaux ?
Les recherches menées sur les émotions positives chez l’homme qualifient la joie comme, la perception d’un état de bien-être mental correspondant à une vie satisfaisante.
La plupart des propriétaires de chevaux seraient d’accord sur le fait que leur cheval semble heureux lorsqu’il joue ou se relaxe en se réchauffant au soleil, en compagnie de ses congénères. Les recherches menées sur les émotions positives chez les animaux domestiques nous donnent quelques indices, suggérant qu’un état émotionnel positif peut être jugé grâce à certains indicateurs comportementaux, comme l’intensité du jeu, l’expression de comportements affiliatifs et pour certaines espèces des vocalisations spécifiques ou des expressions faciales particulières.
Jusqu’à présent chez le cheval, c’est plutôt la reconnaissance des émotions négatives qui a été étudiée, comme la douleur, la peur, le stress, qui sont exprimés par des comportements comme les fouaillements de queue, les grincements de dents et d’une façon générale, les défenses.

Toutefois, des études récentes ont tenté de déterminer quels sont les choix des chevaux et comment peuvent-ils exprimer le plaisir. Les chercheurs ont proposé des indicateurs d’émotions positives comme, la hauteur de la nuque, la position de la queue, la lèvre tombante, la forme des plis au dessus des yeux ou la dilatation des naseaux. Ils ont également mesuré les rythmes cardiaque et respiratoire et proposé aux chevaux des tests de choix (note du rédacteur : comme travailler ou ne pas travailler).
Nathalie Waran conclut donc qu’il est important que les scientifiques définissent des indicateurs d’émotions positives pour le cheval au travail et que les entraîneurs, juges et cavaliers apprennent à les reconnaître. Nous devons faire preuve d’ouverture d’esprit, notre cheval n’est pas heureux parce que nous le sommes !

Voir aussi l’article de « The Horse »

Source : Is Your Equine Athlete Happy?

Décoder les expressions faciales des chevaux pour comprendre leurs émotions

Researchers Study Horses' Facial Expressions

Photo iStock

Le site « The horse » rapporte que des chercheurs anglais étudient les expressions faciales des chevaux. A l’aide de multiples enregistrements vidéos et d’observations ils ont constaté que les chevaux ont des expressions faciales semblables aux humains et aux chimpanzés…mais elles ne veulent pas dire la même chose!! Les chercheurs ont développé une application EQUIFACS : http://www.equifacs.co.uk/ qui permet de décrire les expressions observées chez les chevaux. Ils travaillent maintenant à DECODER la signification de ces expressions. Quand les chercheurs auront trouvé quels sentiments représentent ces expressions, cela nous permettra de mieux comprendre nos chevaux, mieux contrôler leur santé et leur bien être, suivre les effets de leur entraînement et la qualité de leur vie sociale.

Source :

http://www.thehorse.com/articles/36248/researchers-study-horses-facial-expressions


Pour en savoir plus:

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0131738
Wathan J, Burrows AM, Waller BM, McComb K (2015) Correction: EquiFACS: The Equine Facial Action Coding System. PLoS ONE 10(9): e0137818. doi:10.1371/journal.pone.0137818