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Les chevaux reconnaissent certaines expressions faciales des autres chevaux et des humains

Entre humains, les expressions faciales sont riches d’informations et ont un rôle important dans la régulation normale des interactions sociales. Cela est-il vrai pour des animaux sociaux non primates ? Même si intuitivement, nous avons l’impression que c’est le cas, cela n’avait jamais été démontré scientifiquement chez le cheval.

Jennifer Wathan, Karen McComb et leurs collègues (Université du Sussex, Royaume Uni) ont réalisé 3 études en ce sens en présentant, à de nombreux chevaux de centres équestres, une photographie grandeur nature de tête de cheval ou d’homme avec des attributs ou des expressions faciales différentes.

1. Quels sont les éléments de la tête de leurs congénères auxquels les chevaux accorderaient le plus de signification?
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Comportements conscients ou automatiques, qu’en est-il chez le cheval?

Les chevaux ont-ils, comme l’homme des comportements conscients ou inconscients, encore dits automatiques?

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Photo : A. Laurioux Ifce, avec la participation d’O. Pulse

Lors des comportements conscients, le cheval agit en se représentant consciemment les conséquences de ses actes. Ainsi par exemple, lors de la réalisation des apprentissages utilisant les « renforcements négatifs », le cheval effectue l’action demandée pour obtenir un arrêt de la pression; il en est de même, lors de l’utilisation des « renforcements positifs », pour obtenir la récompense.

Lors des comportements inconscients, le cheval agit de façon automatique, sans avoir conscience de ce qu’il fait et sans diriger ses comportements vers un objectif. C’est ce qui est observé, quand, à force de répéter les exercices, le cheval va progressivement se mécaniser et répondre dès que le signal est donné, par habitude, sans que le cavalier n’ait à utiliser de renforcements. Ces processus sont mis en jeux dans de nombreuses situations, y compris chez l’homme; par exemple, un conducteur qui emprunte tous les jours la même route, va finir par créer de tels automatismes.

Enfin, le fait que le cheval utilise plutôt des comportements conscients ou inconscients pour une action donnée pourrait varier selon la personnalité du cheval, ce qui n’est pas sans conséquences sur son utilisation.

C’est l’objet d’une étude de L. Lansade, financée par l’Ifce qui a été menée dans le département Physiologie animale et systèmes d’élevage (Phase) de l’Institut National de la Recherche Agronomique.

Vous pourrez en découvrir les principaux résultats en français en cliquant ICI

ou accéder à l’article de recherche original (en libre accès) :
Lansade et al. 2017 Personality and predisposition to form habit behaviours during instrumental conditioning in horses (Equus caballus). PLoS ONE 12(2):e0171010.

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Tord-nez, tord-oreille : comment ces techniques agissent sur les chevaux ?

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         Copyright IFCE

Une contention est quelquefois nécessaire pour éviter des accidents pendant certaines manipulations sur les chevaux. Une des méthodes consiste à appliquer une pression forte sur la lèvre supérieure ou sur une oreille, à la main ou avec un tord-nez. Cela produit-il une analgésie, une diversion ou de la douleur ?
Benjamin Flakoll (Université de Rhode Island, USA) a comparé les effets d’une forte pression pendant 15 minutes autour de la lèvre supérieure (6 hongres, avec un tord-nez) à celle autour de l’oreille (6 autres hongres, l’article ne précise pas si l’oreille était manipulée à la main ou avec un tord-nez). Lire la suite

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Compte-rendu de la 4ème Journée d’Information en Ethologie Equine du 18 mai 2017 à Saumur

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Le principal thème de la journée a été : le bien-être du cheval : l’évaluer et repenser les pratiques.
E. Dalla Costa a présenté les travaux de l’université de Milan sur l’évaluation du bien-être du cheval et de l’âne réalisés dans le cadre du programme européen AWIN (Animal Welfare Indicators). Ce système d’évaluation du bien-être a aussi été testé à l’INRA de Nouzilly (C. Briant). Les autres communications ou témoignages ont porté sur des pratiques repensées en vue d’améliorer le bien-être (sevrage progressif (L. Lansade), mode de distribution de l’alimentation par boite à foin (M. Hausberger), pansage plus adapté aux réactions du cheval (L. Lansade), travail d’un cheval difficile suivant les principes de l’apprentissage (O. Puls), intérêt de l’extraction de la dent de loup (M. Pokoïk)) mais aussi sur les actualités réglementaires et politiques concernant le bien-être du cheval (C. Briant). Enfin, deux communications ont apporté des informations sur les vocalisations du cheval (A. Lemasson) et un essai préliminaire de mise en groupe d’étalons (M. Valenchon).

Retrouvez le compte-rendu plus complet de ces différentes communications dans l’article 2 de juin 2017 d’ Equidée sur le site ifce (archive)
http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/articles-equidee.html

 

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Faut-il utiliser les concepts de dominance et de leadership lors de l’entraînement des chevaux?

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Crédit photo A Laurioux Ifce

Il semble que non, d’après un avis sur les concepts d’entraînement qui peuvent compromettre le bien-être du cheval, récemment publié par l’ISES (International Society for Equitation Science = société internationale pour la science de l’équitation)

L’ISES regroupe des scientifiques ayant pour objectif de faciliter les recherches sur l’entraînement des chevaux afin d’améliorer leur bien-être et les relations homme cheval (NDLR et par là même, la sécurité du cavalier).

Voici les 7 points principaux de cet avis: Lire la suite

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Préférer la contention sans confrontation

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Copyright IFCE et UEPAO

Pendant des soins modérément désagréables, les chevaux montrent souvent des comportements qui augmentent le temps de ces soins (tentative de se soustraire, gratte, tape du pied, bouge la tête, fouaille de la queue). La personne à la tête y répond en général en augmentant la contrainte physique ou en punissant le cheval. Ces interventions sont souvent inefficaces voire contre-productives. Est-ce que des techniques où on limite la confrontation seraient plus efficaces lors de ces soins? J. Watson and S. McDonnell (Pennsylvannie, USA) ont comparé 4 techniques pour calmer le cheval lors d’une séance de contention de moyenne intensité (dans une barre ou dans un lieu inconnu, sans aucun autre cheval) et associée à un son fort (3 minutes) : rien, gratter au garrot, frotter gentiment la tête et les yeux, ou donner de la nourriture (12 chevaux x 4 groupes). Par rapport à ne rien faire (score de défenses et de réactions comportementales : 45 en unité arbitraire) , les 3 techniques testées ont réduit significativement ce score (garrot : 30, frotter la tête : 28, nourriture : 14) . Par contre, aucune de ces techniques n’a eu d’effet sur la fréquence cardiaque. Par conséquent, ces techniques sans confrontation sont vraiment à essayer.

Watson J. , McDonnell S. Evaluation of the Effectiveness of Three Non-Confrontational Handling Techniques on the Behavior of Horses During a Simulated Mildly Aversive Veterinary Procedure. Proceeding ISES Saumur 2016 Poster 9 p 68.

http://www.ifce.fr/wp-content/uploads/2016/11/DIF-proceedings-ISES-2016-Francais-WEB.pdf   poster 9 page 68 en anglais

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Colloque ISES 2016 (International Society for Equitation Science) : l’essentiel des présentations orales

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Copyright A. Laurioux, IFCE

La 12ème édition du congrès annuel de l’ISES (International Society for Equitation Science) «Comprendre le cheval pour améliorer son entraînement et ses performances » s’est tenue pour la première fois en France en 2016. La prochaine édition aura lieu en Australie en novembre 2017.
Retrouvez dans 2 articles du journal Equ’idée, l’essentiel des présentations orales:
– Equ’idée, novembre 2016 :  mémoire du cheval,
tempérament/personnalité des chevaux et leurs aptitudes, techniques d’apprentissage appliquées aux poulains et aux chevaux adultes, connaissances des cavaliers à ce sujet, pédagogie pour les cavaliers,
– Equ’idée, décembre 2016 : relation entre conditions de vie du cheval et risque chirurgical, relation entre douleur de la cavalière et type de soutien-gorge, position de la selle, type/serrage de la muserolle et inconfort/douleur pour le cheval, évaluation simple de la douleur en cas de colique

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Des chevaux ont appris à utiliser des symboles pour indiquer leurs préférences de confort thermique

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Le cheval touche le symbole « ne rien changer » (Photo de Turid Buvik avec l’autorisation de C. Mejdell)
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Le cheval touche le symbole « mettre la couverture » (Photo de Turid Buvik avec l’autorisation de C. Mejdell)

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article de Cecilia Mejdell (Norwegian Veterinary Institute) décrit une méthode par laquelle les chevaux apprennent à communiquer en touchant différents symboles, pour indiquer au dresseur s’ils veulent avoir une couverture sur leur dos ou non.

Il a été montré scientifiquement que les chevaux sont capables de reconnaître des formes géométriques simples et de les catégoriser, c’est-à-dire de les associer par forme. Est-ce que le cheval, une fois qu’il a discriminé différents symboles, peut les associer à différentes actions qui auraient des conséquence sur son confort ? Si c’est le cas, le cheval, au travers de ces symboles, peut indiquer aux humains la situation qu’il préfère quand on lui donne le choix. Le but de cette étude était donc 1) de mettre en évidence cette aptitude à utiliser des symboles et 2) de connaître l’avis des chevaux sur le port de couverture dans différentes conditions météorologiques. Lire la suite

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L’attention chez le cheval : relations avec le contexte de travail et avec l’état de bien-être

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Ce shetland observe attentivement les visiteurs (Copyright IFCE)

L’attention peut être définie comme la capacité à se concentrer sur une stimulation de l’environnement. D’après Céline Rochais (thèse de l’université de Rennes 1), chez le cheval, l’état attentionnel est caractérisé par une orientation du regard, des oreilles, de l’encolure et / ou de l’ensemble du corps vers une stimulation pertinente de l’environnement. L’encolure est mobile, horizontale ou légèrement au-dessus de l’horizontale associée à des balayages du regard vers l’environnement. Cet état calme diffère de la posture de vigilance où l’encolure et la queue sont relevées, avec le cou, les oreilles et la tête dans une position fixe, indiquant un état émotionnel plus intense. Lire la suite

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Méthodes d’évaluation de la douleur chez les équidés

 

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Ce cheval dort-il tout simplement ou montre-t-il des signes de douleur?  Photo copyright IFCE

La douleur est une notion subjective et difficilement quantifiable. Pourtant, la non reconnaissance de la douleur chez les animaux serait fréquente. Il est donc nécessaire d’améliorer la reconnaissance des signes de douleur pour améliorer le bien-être animal.
Une série d’articles et de présentations provenant de l’école vétérinaire de Nantes et de l’université vétérinaire d’Utrecht (Hollande) présentent l’intérêt des grilles composites de l’évaluation de la douleur chez le cheval (mélange de critères physiologiques et comportementaux). Lire la suite