Mettre une couverture ou pas ?

DSC02911 CV Neige Couverture ou non
Copyright M. Vidament

Certains propriétaires de chevaux mettent des couvertures sur leurs chevaux toute l’année. Pourtant, de nouvelles études suggèrent que certaines couvertures peuvent leur tenir trop chaud, dans certaines conditions.

C’est devenu une habitude (et même une mode) de mettre des couvertures à certains chevaux domestiques toute l’année : couverture anti-insectes, couverture d’écurie, couverture tous temps, polaire, sous-couverture……. Et 20% des propriétaires particuliers en Suède et Norvège possèdent 6 à 10 couvertures par cheval !! (enquête Hartmann 2017). Les couvertures peuvent être utiles pour protéger les chevaux contre les piqûres d’insectes et quand le temps est très mauvais mais, jusqu’à présent, il y a eu très peu d’études sur les effets des couvertures sur les chevaux et aucune sur l’effet des différents types de couvertures sur la température corporelle des chevaux.

Comme les humains, les chevaux ont une zone de préférence thermique, où ils peuvent facilement maintenir leur température corporelle. Pour les chevaux adultes adaptés aux climats tempérés, cette zone va de 5 à 25°C. On estime même à – 10 à – 15°C la limite basse de température extérieure en-dessous de laquelle les chevaux adultes et les yearlings adaptés aux grands froids et mangeant du foin à volonté doivent augmenter leur métabolisme pour maintenir leur température corporelle. Cette résistance thermique dépend de différents facteurs dont la race, le type de poil, l’âge, et le niveau d’alimentation (voir références dans Hartmann 2017). Les races citées par différents auteurs pouvant s’adapter à des conditions très froides sont variées : Quarter Horse, Trotteurs, chevaux Finnois, chevaux islandais..

Les humains, par contre, ont une zone de préférence thermique beaucoup plus limitée entre 25 et 30°C quand ils ne sont pas habillés. Cela veut dire que, quand les humains ont froid, les chevaux sont très souvent encore très largement dans leur zone de confort thermique. Les humains prennent alors la décision de mettre une couverture à leurs chevaux et ils pensent faire bien, alors que ce n’est pas toujours nécessaire.

Lors du dernier congrès de l’ISES (Rome, 2018), Kim Hodgess (Duchy College, Royaume Uni) a présenté une étude préliminaire conçue pour voir quels effets avaient différentes sortes de couvertures sur la température du cheval et comment cela pouvait affecter son bien-être. Elle a étudié 10 chevaux qui portaient une couverture en permanence à l’intérieur et 2 chevaux au pré. Trois chevaux portaient des couvertures légères anti-insectes, non imperméables qui couvraient la majorité du corps incluant le cou et le ventre, 6 portaient une couverture polaire, 2 portaient une couverture légère matelassée et 2 chevaux témoin n’avaient pas de couverture (1 à l’intérieur et 1 au pré). La température de surface a été mesurée juste au-dessous de la hanche et la température extérieure a été relevée. Sous les couvertures anti-insectes, l’augmentation moyenne de température de surface a été de 4,2°C (augmentation non significative par rapport à la situation sans couverture), sous les polaires de 11,2°C et sous les légères matelassées de 15,8°C (augmentation significative dans les 2 derniers cas). Quand la température ambiante était de 4°C, 4 chevaux portant des couvertures avaient des températures de surface entre 24 et 30°C, comparé à celle de 12,5-18,5°C pour les chevaux témoin.

Elke Hartmann (Université de Uppsala, Suède) a comparé 3 situations sur 6 trotteurs l’hiver après un entraînement avec 20 min de trot : douche, douche et port d’une couverture (dont le type n’est pas spécifié), ni douche ni couverture. La température extérieure était de 1°C, et celle des écuries de 7°C. La couverture n’a pas modifié la dissipation de chaleur. Par contre, la douche a diminué la température de la peau au niveau du cou et des antérieurs de 3°C, mais n’a pas modifié la température rectale, ni les fréquences cardiaques et respiratoires. La couverture n’a pas été efficace pour diminuer la température corporelle, contrairement à la douche.

En conclusion, certaines couvertures augmentent la température de surface du cheval au-delà de sa température de confort et cela peut gêner sa capacité de régulation de la température. L’utilisation de couverture après l’effort ralentit la dissipation de la chaleur en excès. Alors que l’utilisation des couvertures peut être nécessaire pour certains chevaux, il est important pour leur bien-être de sélectionner le bon type de couverture et son épaisseur. Sinon, cela risque d’avoir l’effet inverse.

Hartmann, K. E. Bøe, G. H. M. Jørgensen, C. M. Mejdell, K. Dahlborn. 2017. Management of horses with focus on blanketing and clipping practices reported by members of the Swedish and Norwegian equestrian community, Journal of Animal Science, 95 :1104–1117, https://doi.org/10.2527/jas.2016.1146

Hodgess, S. Horseman and A.M. Walker. 2018. To rug or not to rug : potential impacts on equine welfare. Proceedings of the 14th International Conference, ISES, Roma, p 57.

https://equitationscience.com/conferences/

Hartmann, E., Connysson, M. and Dahlborn, K. 2014. Effect of Showers and Blankets after Exercise on Heat Dissipation in Swedish Standardbred Trotters. Equine Vet J, 46: 12-13 (abstract). doi:10.1111/evj.12267_37

 

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