Fortes chaleurs : quelles précautions pour nos équidés ?

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La régulation thermique

D’une façon générale, les équidés s’adaptent mieux au froid qu’au chaud. La zone de confort thermique, dans nos régions tempérées est située approximativement entre + 5°C et + 25°C. Dans cette zone, l’organisme n’a pas de dépense d’énergie supplémentaire à faire pour maintenir la température interne du corps. A partir de 25°C, l’organisme commence à mettre en place des systèmes de régulation, afin de maintenir la température corporelle aux alentours de 37,5°C. L’évaporation est le principal mécanisme, par l’intermédiaire de la respiration (qui s’accélère pour permettre un renouvellement d’air plus rapide vers les poumons) et de la transpiration (dont l’évaporation refroidit la température de la peau). Si l’évaporation n’est pas compensée par un apport d’eau suffisant, elle va entraîner une déshydratation qui peut avoir de graves conséquences, depuis une simple baisse de la performance, pour une déshydratation modérée de 2 à 4 %, jusqu’au déclenchement de pathologies comme les coliques, la myopathie, la fourbure, pour les déshydratations plus importantes. Quant au coup de chaleur, si ces mécanismes n’arrivent pas à faire baisser la température interne, il peut aussi être fatal.

Les besoins en eau

Un cheval adulte à l’entretien, et placé dans sa zone de confort thermique, boit environ cinq litres d’eau par 100 kg de poids corporel par jour. Ainsi, un cheval de 500 kg consomme environ 25 litres d’eau par jour.  Mais cette quantité augmente proportionnellement à la température, d’autant plus que d’autres facteurs interviennent comme : le type de fourrage (un cheval qui mange du foin boit plus qu’un cheval qui mange de l’herbe), l’exercice (sur un exercice prolongé de type endurance, un cheval peut perdre 10 à 15 litres d’eau par heure, ce qui peut représenter jusqu’à 10 % de son poids), une jument en lactation produit 12 à 15 litres par jour, qu’il faut compenser par l’apport d’eau.  Dans ces conditions, un cheval peut consommer 60 litres d’eau par jour, voire plus.

Quelles précautions prendre?

  • Fournir de l’eau propre à volonté. Quand l’eau n’est pas courante, se méfier des proliférations d’algues ou de bactéries favorisées par les hautes températures.
  • Fournir un abri naturel (arbres, haies…) ou artificiel, aux chevaux qui sont à l’extérieur en permanence. Pour les chevaux en box, il est préférable de les sortir aux heures les moins chaudes, en début de matinée ou la nuit, en leur mettant toujours de l’eau à disposition.
  • Surveiller la température dans les bâtiments et le bon fonctionnement des systèmes de renouvellement d’air.
  • Adapter la ration alimentaire. Lors de fortes chaleurs les chevaux ont tendance à diminuer leur consommation alimentaire. Éviter d’apporter des repas trop énergétiques (grosses rations de concentrés avec beaucoup d’amidon) et donner de préférence des concentrés riches en matières grasses (5% d’huile). Fournir du fourrage très digestible (herbe ou foin récolté tôt), que le cheval consommera tout au long de la journée.
  • Être prudent lors d’un transport, car la température dans le van ou le camion, peut être de 10°C supérieure à la température extérieure. Or au-delà de 40°C, il y a un risque important pour l’animal, si ces conditions persistent. En cours de transport, un cheval perd en moyenne, 0,5 % de sa masse corporelle par heure, soit environ 20 kg en 12 h pour un cheval de taille moyenne, ce qui peut conduire à une déshydratation significative. Enfin, ne pas stationner en plein soleil, penser à ouvrir les volets d’aération et emmener de l’eau, en cas de panne par exemple.
  • Surveiller particulièrement les poulains, les vieux chevaux, ceux qui ont des problèmes cardiaques ou respiratoires, qui ont plus de difficultés à s’adapter aux températures élevées.

Que faire en cas de stress thermique ou coup de chaleur?

On considère qu’il y a stress thermique, si au moins 3 de ces symptômes sont présents :

  • naseaux dilatés,
  • augmentation du rythme respiratoire : le rythme respiratoire normal est compris entre 8 et 16 respirations par minute ; le rythme respiratoire est considéré comme augmenté au-delà de 25 respirations par minute,
  • apathie,
  • transpiration abondante,
  • coups de soleil

Il est impératif de mettre l’animal à l’ombre, le refroidir progressivement en l’arrosant (éviter le dessus du dos et des reins pour ne pas provoquer de myopathie), le faire boire et ne pas hésiter à appeler son vétérinaire.

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