Des chevaux ont appris à utiliser des symboles pour indiquer leurs préférences de confort thermique

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Le cheval touche le symbole « ne rien changer » (Photo de Turid Buvik avec l’autorisation de C. Mejdell)
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Le cheval touche le symbole « mettre la couverture » (Photo de Turid Buvik avec l’autorisation de C. Mejdell)

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article de Cecilia Mejdell (Norwegian Veterinary Institute) décrit une méthode par laquelle les chevaux apprennent à communiquer en touchant différents symboles, pour indiquer au dresseur s’ils veulent avoir une couverture sur leur dos ou non.

Il a été montré scientifiquement que les chevaux sont capables de reconnaître des formes géométriques simples et de les catégoriser, c’est-à-dire de les associer par forme. Est-ce que le cheval, une fois qu’il a discriminé différents symboles, peut les associer à différentes actions qui auraient des conséquence sur son confort ? Si c’est le cas, le cheval, au travers de ces symboles, peut indiquer aux humains la situation qu’il préfère quand on lui donne le choix. Le but de cette étude était donc 1) de mettre en évidence cette aptitude à utiliser des symboles et 2) de connaître l’avis des chevaux sur le port de couverture dans différentes conditions météorologiques.

Trois symboles peints sur des panneaux de 35 cm x 35 cm  mis au bord du paddock ou dans le box ont été utilisés : une barre horizontale de 5 cm de haut voulait dire « mettre la couverture », une barre verticale de 5 cm de large voulait dire « enlever la couverture » et un panneau sans rien voulait dire « pas de changement ».

Le but de l’entraînement était que lorsqu’il serait placé dans une situation de choix, le cheval serait capable de communiquer s’il souhaitait qu’on lui mette une couverture, qu’on lui enlève et qu’on ne change rien. Donc le cheval devait avoir compris les différentes options possibles et leurs conséquences, et le fait qu’il devait faire un choix tout seul, sans le dresseur.
Les chevaux (23 chevaux de trait et de sang de 3 à 16 ans utilisés pour l’équitation et habitués à porter une couverture, vivant en paddock la journée et la nuit au boxe) ont été entraînés 10-15 min par jour (2 à 3 sessions de 2 à 3 répétions), en suivant un programme comprenant 10 étapes différentes dans un ordre stratégique. L’entraînement a été fait en renforcement positif uniquement (nourriture) avec un renforcement secondaire par la voix « ya » par des personnes très expérimentées dans ce domaine.
Dans les étapes 1 à 4, les chevaux ont appris à approcher et à toucher un panneau.
Les étapes 5 à 8 servaient à faire comprendre au cheval la signification des 2 panneaux « mettre » ou « enlever la couverture ». Ces panneaux étaient présentés, un seul à la fois, et dans une situation cohérente par rapport à la signification du panneau : le panneau « enlever couverture » quand le cheval portait une couverture et vice-versa. Quand le cheval touchait le panneau, il recevait une récompense et l’action correspondant au panneau était exécutée. A l’étape 6, les 2 panneaux étaient présentés et le cheval n’était récompensé que s’il touchait le panneau en rapport avec la situation : « enlever » s’il portait une couverture et vice-versa. Les étapes suivantes ont consisté à faire mieux comprendre au cheval la relation entre son confort thermique et le fait de porter ou non une couverture, en lui faisant 2 tests de température. Dans le test de température élevée, les chevaux portaient une couverture épaisse jusqu’à ce qu’ils montrent des signes qu’ils avaient trop chaud puis on s’est assuré qu’ils touchaient le panneau « enlever la couverture » sur les 2. Dans le test de température basse, les chevaux étaient mis dehors par temps pluvieux ou froid, et de même, on s’est assuré qu’ils choisissaient le panneau « mettre la couverture » sur les 2.
Dans l’étape 9, le panneau blanc (« ne rien changer ») était montré pour la 1e fois. Les chevaux étaient récompensés s’ils le touchaient et alors, il ne se passait rien pour la couverture. Dans les sessions suivantes de cette étape, 2 ou 3 symboles étaient présentés dans un ordre aléatoire, et les chevaux portaient ou non des couvertures. Les chevaux étaient récompensés s’ils choisissaient des actions cohérentes avec la situation, par exemple :  panneau « mettre la couverture » ou « ne rien changer » s’ils portaient une couverture, et ensuite l’action était exécutée, le cheval étant touché de toute façon sur son corps, même s’il n’y avait pas d’action de mettre ou d’enlever une couverture. Quand les chevaux avaient réussi lors de 14 essais consécutifs, un test de température élevée et un test de température basse froid étaient refaits, comme précedemment.
Et à partir de là (étape 10), les chevaux étaient en test de choix (1 ou 2 seulement par jour) en étant mis dans différentes situations avec 30 à 60 min dans les mêmes conditions météorologiques après leur choix, pour qu’ils ressentent bien l’effet de leur choix donc pour bien s’assurer qu’ils avaient compris les conséquences de leur choix. Ils recevaient de toute façon une récompense et des stimulations tactiles quelle que soit leur réponse, la différence étant apportée par le confort thermique.

Après que les chevaux aient réussi l’entraînement, les chevaux étaient mis dans des conditions météorologiques variées (chaudes ou froides). Les chevaux ont été mis dehors avec ou sans couverture suivant l’habitude de leur propriétaire. Ils étaient mis dans leur paddock habituel pendant 2 h, puis on leur présentait 2 panneaux : le panneau « ne rien faire » et le panneau de changement correspondant à la situation. Le cheval était récompensé à chaque fois qu’il faisait un choix.

Résultats. L’étape où les chevaux choisissaient librement entre le panneau avec le symbole « pas de changement » et le panneau avec le symbole « mettre la couverture» ou «enlever la couverture » , en fonction du fait que le cheval portait ou non une couverture a eu lieu en moyenne à 11 jours d’apprentissage (étape 9). Vingt-trois chevaux ont réussi l’entraînement  complet (étape 10)  dans le délai de 14 jours.
Après entraînement, quand les chevaux ont été testés dans différentes conditions météorologiques extérieures, les chevaux ont choisi de rester sans couverture ou de l’enlever quand il faisait beau (20 à 23°C), et ils ont choisi de garder leur couverture ou qu’on leur en mette une quand il faisait mauvais (6 à 9°C, vent et pluie) (sauf 2 chevaux). Le choix ne s’est donc pas fait au hasard.

Conclusion : Les chevaux ont appris avec succès à communiquer leurs préférences en utilisant des symboles et ont eu la compréhension des conséquences de leur choix sur leur propre confort thermique. Cette méthode représente un nouvel outil pour étudier les préférences chez le cheval.

Mejdell, C. M., Buvik, T., Jørgensen, G. H., & Bøe, K. E. (2016). Horses can learn to use symbols to communicate their preferences. Applied Animal Behaviour Science, 184, 66-73.http://dx.doi.org/10.1016/j.applanim.2016.07.014
0168-1591/

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