Que faire en présence d’un cheval qui présente une stéréotypie (ou tic)?

Il existe des opinions différentes à ce sujet qui sont mises en application sur les chevaux avec plus ou moins de succès : empêcher le cheval d’exprimer la stéréotypie par tous les moyens, essayer d’en déterminer la cause pour la corriger, enrichir son environnement,…

Cet article fait suite aux quatre précédents publiés dans ce blog, qui avaient abordé : l’incidence des stéréotypies, les facteurs favorisants, les mécanismes en jeu, les conséquences sur la santé et les capacités d’apprentissage. Vous pouvez les retrouver en cliquant sur « stéréotypies » dans le panneau des étiquettes, à droite de l’affichage.

cheval-tique-barre

Photo Pixabay

Que penser des différents procédés destinés à supprimer l’expression des stéréotypies ?

Plusieurs procédés existent pour les stéréotypies les plus fréquentes, notamment :

– le collier anti-tic. Il empêche la flexion de la nuque et donc la fin de la séquence de tic à l’appui,

– les modifications de l’environnement. Elles consistent à enlever le substrat utilisé par le cheval ou à l’empêcher de l’atteindre : retrait de la surface d’appui, électrification du box, pose d’une barre anti-balancement,

– le traitement médical avec administration de sédatifs,

– une intervention chirurgicale est également proposée. L’opération de Forrsell consiste à enlever certains muscles de l’encolure sur une hauteur de 30 cm. Il semblerait que cette intervention soit de plus en plus demandée par les détenteurs. Elle n’est pas sans risques, car elle peut provoquer une hémiplégie laryngée ou des pertes de motricité.

Les scientifiques sont aujourd’hui d’accord sur le fait qu’empêcher une stéréotypie est plus néfaste que la stéréotypie elle-même. En effet, si les symptômes comportementaux sont supprimés ou diminués, la motivation interne pour exprimer le comportement est toujours présente et sa répression entraîne frustration et stress. De plus, avec les colliers anti-tic, un effet rebond est observé lors du retrait du dispositif, avec augmentation de la fréquence de tic.

Enfin, la frustration peut déboucher sur l’expression d’une autre stéréotypie. Par exemple, un cheval atteint d’un tic a l’appui que l’on réprime, peut commencer à tiquer sans appui ou à tiquer à l’appui sur une autre surface : ses propres membres, sa longe..

Si ces procédés agissent sur le comportement, ils en ignorent la cause.

Quelle démarche suivre en cas de stéréotypie? : Essayer de déterminer les causes, tenter de les corriger et limiter les effets secondaires

Au sein d’un effectif, il est nécessaire de vérifier tout d’abord si un seul cheval est atteint, ou si la stéréotypie est exprimée par une proportion significative de chevaux. Dans ce dernier cas, une cause commune, inhérente à l’environnement présent, peut être suspectée.

Ensuite, il n’y a pas de recette miracle pour agir sur les stéréotypies, surtout si la cause déclenchante est ancienne, comme un stress au sevrage, et le résultat est propre à chaque cheval. Il est proposé d’enrichir l’environnement du cheval, de toutes les façons possibles, afin de le stimuler à exercer d’autres activités :

– augmenter les durées d’alimentation en augmentant les quantités de fourrage, en utilisant des systèmes qui ralentissent l’ingestion, en mettant les chevaux sur paille, quand leur santé le permet, et en diminuant les quantités de concentrés,

– favoriser les relations sociales en mettant les chevaux en groupe, ou en favorisant les contacts tactiles pour les chevaux en box,

– favoriser l’exercice en liberté.

On peut remarquer que la mise en pâture avec d’autres chevaux devrait satisfaire ces trois points.

Enfin, pour le confort des chevaux qui tiquent à l’appui, afin d’éviter une usure prématurée des dents, il est recommandé de mettre à disposition une surface tendre, barre rembourrée ou en bois tendre.

Dans le cadre des Webconférences de l’Ifce, retrouvez prochainement deux conférences sur les stéréotypies les 6 et 13 avril 2017, à 18 h 30.

Références bibliographiques

Cooper J, McGreevy P, 2002. Stereotypic behaviour in the stabled horse: causes, effects and prevention without compromising horse welfare. In: The Welfare of Horses (Waran N. ed.).

McBride SD and Cuddeford D, 2001. The putative welfare-reducing effects of preventing equine stereotypic behaviour. Animal Welfare, 10, 173-189.

McGreevy PD et Nicol CJ, 1998. The effect of short term prevention on the subsequent rate of crib-biting in Thoroughbred horses. Equine Veterinary Journal, Supplement 27, 30-34.

McGreevy PD, Cripps PJ, French NP, Green LE et Nicol J, 1995. Management factors associated with stereotypic and redirected behaviour in the Thoroughbred horse. Equine Veterinary Journal, 27, 86-91.

Nagy K, Bodo G, Bardos G, Harnos A, Kabai P, 2009. The effect of a feeding stress-test on the behaviour and heart rate variability of control and crib-biting horses (with or without inhibition). Applied Animal Behaviour Science, 121, 2, 140-147.

Wickens CL, Heleski CR, 2010. Crib-biting behavior in horses: a review. Applied Animal Behavior Science, 128, 1-9.

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