Comment gérer l’abreuvement des chevaux en hiver ?

0901060018
® INRA UEPAO

Nous faisons dans cet article une brève revue sur l’eau et les chevaux en hiver :

  • Dans quelle proportion les chevaux réduisent-ils leur consommation ?
  • Apprécient-ils l’eau glacée ?
  • Peuvent-ils consommer de la neige ?
    Découvrez les réponses dans les lignes qui suivent…

Un cheval adulte à l’entretien et placé dans sa zone de confort thermique boit environ cinq litres d’eau par 100 kg de poids corporel par jour. Ainsi, un cheval de 500 kg consomme 25 litres d’eau par jour. Mais cette consommation varie en fonction de l’état physiologique (elle augmente de 74 % chez la jument en lactation), la température, l’exercice et l’alimentation.
L’abaissement de la T° température en hiver a pour conséquence une réduction de la consommation d’eau. Quand l’eau est disponible à volonté, la consommation d’eau est proportionnelle à la fois, à la quantité de matière sèche ingérée et à la température. Ainsi, un cheval qui consomme 12 kg de foin par jour, boira 21 l d’eau à -10°C et 26 l d’eau à + 20°C. S’il consomme 50 kg d’herbe, qui contient moins de matière sèche que le foin, à cette même T° de + 20°C, il boira 19 l d’eau.
De plus, par temps froid, les chevaux préfèrent l’eau réchauffée à l’eau très froide. Ainsi des poneys, hébergés dans une écurie où la T° ambiante était de -7°C à +5°C, ont consommé plus d’eau (jusqu’à 40 % en plus) quand elle était réchauffée, que quand elle était proche de 0°C. Dans les différentes expériences, le réchauffement de l’eau était obtenu, soit par un dispositif électrique chauffant l’eau à une température moyenne de +19°C, soit en remplissant les bacs deux fois par jour avec de l’eau à une température d’environ +47°C. Ceci peut permettre de réduire le risque de coliques dues à une diminution de la consommation d’eau pendant les périodes froides.
On sait, par ailleurs, que lorsque l’eau a gelé dans les points d’eau, la plupart des chevaux adultes sont capables de casser la glace pour s’abreuver. Cependant, ce n’est pas forcément le cas pour les foals, élevés sans adultes, pour lesquels il faut absolument vérifier que l’eau reste disponible en permanence.
Enfin la neige peut-elle être une source d’eau suffisante pour les chevaux ?
Cette question a été étudiée chez d’autres espèces que le cheval et la réponse est plutôt oui pour ces espèces. En effet, des chercheurs ont comparé sur des vaches gestantes élevées au Canada, pendant les mois d’hiver, l’évolution du poids, de la teneur en eau, de la production métabolique de chaleur et de la température rectale dans 2 lots : un lot n’ayant accès qu’à de la neige comme source d’eau, et un lot ayant accès à de l’eau réchauffée. Ils n’ont trouvé aucune différence. Des études comparables, menées sur des veaux en croissance, pendant 110 jours et sur des brebis en lactation de la 4è à la 14è semaine ont apporté la même réponse.
Pour les chevaux, aucune étude scientifique n’a été publiée sur ce sujet. Mais 2 rapports décrivent des cas de chevaux ayant été confrontés, de façon imprévisible, à ce genre de situation. Le premier décrit le cas de chevaux s’étant égarés en hiver en Alaska dans un environnement sans eau « liquide ». Les analyses sanguines, effectuées sur les chevaux lorsqu’ils ont été retrouvés, n’ont montré aucune anomalie. Le second rapporte le cas de chevaux islandais, élevés sous des conditions climatiques extrêmes, qui, à la suite d’un problème d’équipement, n’ont eu accès qu’à de la neige pendant 9 jours. L’examen clinique des chevaux ainsi que les analyses effectuées sur des échantillons sanguins n’ont pas montré non plus d’anomalies. Cependant, les auteurs précisent que la quantité et la qualité de la neige peuvent avoir une influence (selon qu’elle est gelée ou poudreuse), ainsi que la nature de l’alimentation des chevaux et leur activité.
Il faut également rester prudent quant à l’interprétation de ces cas particuliers, qui concernent des chevaux adaptés à des conditions hivernales rigoureuses.

Pour en savoir plus :
Cymbaluk N.F. (1990) Cold housing effects on growth and nutrient demand of young horses. Journal of Animal Science 68:3152-3162.
Dietrich R.A. et Holleman D.F. (1973) Hematology, biochemistry, and physiology of
environmentally stressed horses. Canadian Journal of Zoology 51:867-873.
Kristula M.A. et McDonnell S.M.(1996) Drinking water temperature affects consumption of water during cold in ponies. Applied Animal Behaviour Science 41:155-160.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s