Comment juger si le cheval est un « athlète heureux »?

Photo Dirk Caremans FEI

C’est la question posée par Nathalie Waran, chercheur à l’Université d’Edinbourg, lors du dernier congrès de l’International Society for Equitation Science (Société Internationale pour la Science de l’Equitation ISES), qui s’est tenu au Canada en août dernier.

Dans l’article 401.1 du règlement de la Fédération Equestre Internationale pour la discipline du dressage, il est précisé que le cheval doit être un « athlète heureux ». Mais que signifie réellement cette phrase ? Et est ce possible de reconnaître la joie et de la récompenser chez le cheval?
Cette approche est intéressante car cela suggère tout d’abord que les entraîneurs, les cavaliers et les juges reconnaissent que le cheval ressent des émotions, qui peuvent être précisément évaluées en observant le cheval au travail et en compétition. Mais que peut-on mesurer chez nos chevaux ?
Les recherches menées sur les émotions positives chez l’homme qualifient la joie comme, la perception d’un état de bien-être mental correspondant à une vie satisfaisante.
La plupart des propriétaires de chevaux seraient d’accord sur le fait que leur cheval semble heureux lorsqu’il joue ou se relaxe en se réchauffant au soleil, en compagnie de ses congénères. Les recherches menées sur les émotions positives chez les animaux domestiques nous donnent quelques indices, suggérant qu’un état émotionnel positif peut être jugé grâce à certains indicateurs comportementaux, comme l’intensité du jeu, l’expression de comportements affiliatifs et pour certaines espèces des vocalisations spécifiques ou des expressions faciales particulières.
Jusqu’à présent chez le cheval, c’est plutôt la reconnaissance des émotions négatives qui a été étudiée, comme la douleur, la peur, le stress, qui sont exprimés par des comportements comme les fouaillements de queue, les grincements de dents et d’une façon générale, les défenses.

Toutefois, des études récentes ont tenté de déterminer quels sont les choix des chevaux et comment peuvent-ils exprimer le plaisir. Les chercheurs ont proposé des indicateurs d’émotions positives comme, la hauteur de la nuque, la position de la queue, la lèvre tombante, la forme des plis au dessus des yeux ou la dilatation des naseaux. Ils ont également mesuré les rythmes cardiaque et respiratoire et proposé aux chevaux des tests de choix (note du rédacteur : comme travailler ou ne pas travailler).
Nathalie Waran conclut donc qu’il est important que les scientifiques définissent des indicateurs d’émotions positives pour le cheval au travail et que les entraîneurs, juges et cavaliers apprennent à les reconnaître. Nous devons faire preuve d’ouverture d’esprit, notre cheval n’est pas heureux parce que nous le sommes !

Voir aussi l’article de « The Horse »

Source : Is Your Equine Athlete Happy?

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